Lors du Conseil européen, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a appelé à saisir l’opportunité de poursuivre les efforts sur l’élargissement, la compétitivité et le prochain budget à long terme de l’UE.
Chers collègues,
Il y a des moments où l’Europe envoie un message plus fort que n’importe quels discours ou déclarations. L’ouverture du premier groupe de chapitres des négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la République de Moldavie est de ces moments-là.
Le message, c’est que l’élargissement n’est plus une lointaine promesse. Il est là, il est en train de se réaliser, et le Parlement européen œuvre en ce sens depuis des années. Nous n’avons cessé de maintenir les Balkans occidentaux au premier rang des priorités de l’Union européenne. Il y a deux jours, le Monténégro a annoncé qu’il avait provisoirement clôturé deux autres chapitres de négociation. Et cette semaine, le Parlement a adopté cinq autres rapports de suivi sur le Monténégro, l’Albanie, le Kosovo, la Macédoine du Nord et la Bosnie-Herzégovine. Nous devons obtenir des résultats. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre du temps.
Car nous savons que l’élargissement n’est pas qu’une simple question de pays candidats: la question porte aussi sur le type d’Union que ces pays vont rejoindre. Correctement mené, l’élargissement renforce l’Europe dans son ensemble.
Il s’agit d’un processus gagnant-gagnant, nous ne cesserons de le répéter. Le chemin est encore long. Que ce soit pour l’Ukraine, la Moldavie, le Monténégro ou tout autre pays des Balkans occidentaux, l’erreur serait de penser que le soutien des citoyens adviendra tout simplement en fin de compte. C’est dès maintenant qu’il nous faut commencer à défendre cette cause.
Cela signifie que nous devons prendre au sérieux les peurs et les préoccupations, et y répondre avec honnêteté.
Il s’agit aussi de faire valoir les avantages concrets qu’apporte l’élargissement, afin d’instaurer la confiance nécessaire pour aller de l’avant. Vous pouvez compter sur le soutien du Parlement européen.
Je tiens également à évoquer l’idée d’intégration progressive. Le statut intermédiaire ou associé d’«observateur» peut se révéler utile, de même que l’accès au marché unique lorsqu’il se fonde sur des progrès réels dans les réformes nationales. Ces étapes peuvent permettre aux pays de se rapprocher de notre Union, même si elles ne peuvent en aucun cas se substituer à une adhésion à part entière.
Le Parlement salue les efforts renouvelés visant à trouver des pistes pour parvenir à une résolution de la guerre illégale en Ukraine. Deux éléments restent au cœur de ces efforts: premièrement, le principe selon lequel rien ne doit être décidé sur l’Ukraine sans l’Ukraine et, deuxièmement, le soutien constant de l’Europe à l’Ukraine, aussi longtemps qu’il le faudra.
J’en viens à la question du cadre financier pluriannuel.
Le Parlement européen est prêt.
Nous nous réjouissons que la présidence chypriote ait publié son cadre de négociation. Bien sûr, il est normal qu’il y ait des différences entre nos positions. Le Parlement se montrera constructif mais défendra également sa position. Nous devons éviter la stratégie du bras de fer. C’est pourquoi je demande à nouveau que les députés soient pleinement et le plus tôt possible associés au processus.
Je défendrai toujours les prérogatives du Parlement et, si nous agissons dans cet esprit, il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas tenter de parvenir à un accord d’ici à la fin de l’année.
Puisque nous sommes encore au début du processus, je voudrais revenir sur la question des nouvelles ressources propres. Grâce à elles, nous allons enfin pouvoir sortir du vieux débat opposant les réductions aux augmentations. Nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il nous faut un budget ambitieux, à la hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés. Personne, bien entendu, ne souhaite augmenter la pression qui s’exerce sur les budgets nationaux, mais ne perdons pas de vue que ces fonds sont en soi des moteurs économiques.
Nous avons parfois tellement de mal à sortir des anciennes lignes de fracture que nous en oublions les points communs qui nous rassemblent. La solution que nous recherchons, ou du moins une partie de celle-ci, est peut-être déjà à portée de main.
Avant d’aborder la question de la compétitivité, permettez-moi également de relever que cette semaine, le Parlement européen a adopté le règlement sur le retour. Avec l’entrée en vigueur du pacte sur la migration et l’asile, l’Europe dispose désormais des outils nécessaires pour surmonter les difficultés. Nous avons fait notre part. Et nous obtiendrons aussi des résultats dans d’autres domaines, tout comme nous avons réussi à concrétiser les nouveaux droits des passagers aériens, grâce à l’excellente coopération entre les institutions et à l’engagement des rapporteurs, de la présidence chypriote et de toutes les parties concernées.
Il est également temps d’avancer en ce qui concerne le règlement provisoire visant à prévenir et à combattre les abus sexuels sur enfants, et d’étudier comment trouver un accord lors d’une deuxième lecture de ce dossier. Je tiens par ailleurs à souligner le rôle des régions ultrapériphériques: elles contribuent à la force de l’Europe et nous ne pouvons pas nous permettre de les laisser de côté.
En ce qui concerne le vote par procuration pour les députées en fin de grossesse et en début de maternité, le Conseil a approuvé une modification spécifique de la loi électorale européenne. Elle doit maintenant être ratifiée par tous les États membres, et nous espérons pouvoir continuer à compter sur votre soutien pour y parvenir. Si cette réforme entre en vigueur, elle constituera une étape majeure pour le Parlement et pour l’Europe. Elle touchera les députés européens et enverra un signal très fort. Quelques mots, pour finir, à propos de la compétitivité européenne.
Au cours de la dernière décennie, le nombre de personnes travaillant dans le secteur technologique européen a augmenté de 60 %.
Sur la même période, le capital-risque a quadruplé dans l’Union européenne. De même, ces dernières années, les investissements des fonds de pension européens dans les start-up ont augmenté de 55 % et leurs rendements ont aussi été plus élevés. Les fonds de pension européens ont obtenu de meilleurs résultats que leurs homologues américains.
Voilà trois exemples différents concernant trois aspects distincts de notre économie, mais tous vont dans le même sens: des investissements sont déjà réalisés. La question est de savoir si nous sommes prêts à faire coïncider cette dynamique avec les bonnes décisions politiques.
Pour le Parlement européen, voilà précisément en quoi la feuille de route «Une Europe, un marché» apporte une valeur ajoutée. L’examen régulier, lors de nos discussions, des résultats obtenus dans le cadre de cette feuille de route serait un excellent moyen de faire le point sur les progrès accomplis et de nous concentrer sur sa mise en œuvre. Et permettez-moi de dire que le Parlement européen ne saurait accepter que des décisions techniques retardent les choses.
Je vais donc commencer par les progrès réalisés de notre côté. Depuis notre dernière rencontre, le Parlement européen et le Conseil sont parvenus à des accords interinstitutionnels sur la simplification des règles relatives à l’intelligence artificielle, sur les sociétés à moyenne capitalisation et sur les trois dossiers relatifs à la défense qui visent à accélérer les investissements et les procédures d’octroi de permis, ainsi qu’à faciliter les transferts intra-UE et les marchés publics. Nous voterons déjà sur les deux premiers dossiers lors de la plénière qui se tiendra dans deux semaines et demie.
Quant à la suppression des obstacles au sein de notre marché unique, nos deux projets phares sont le train de mesures sur l’intégration des marchés et le cadre EU Inc. Ils répondent directement aux problèmes les plus importants dont les entreprises nous font part et constituent des dossiers prioritaires pour le Parlement européen. Nous nous pencherons également sur la dimension sociale de ces projets.
En ce qui concerne le commerce, le Parlement européen a voté cette semaine en faveur de l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, et ce à une écrasante majorité. Cela confère à l’accord un poids politique considérable et une base véritablement solide sur laquelle s’appuyer.
En matière d’énergie, le Parlement européen se félicite de l’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran en vue de rétablir la liberté de navigation et de rouvrir le détroit d’Ormuz. Nous espérons qu’il sera mis en œuvre rapidement et intégralement par toutes les parties. Au Parlement européen, nous continuerons à plaider en faveur d’une plus grande capacité de stockage, d’infrastructures et de réseaux renforcés, d’un bouquet énergétique plus diversifié et d’une dépendance réduite vis-à-vis de l’extérieur. Nous n’avons pas changé de cap.
Enfin, puisque nous sommes presque au milieu de l’année, j’ai également fait le point sur l’état d’avancement de nos dossiers relatifs à la déclaration commune sur les priorités législatives de l’Union pour 2026. Je suis heureuse de vous faire savoir que le Parlement européen et le Conseil avancent au même rythme.
Je vous remercie.
You may find here the transcriptions of her speech per language: