À l'ouverture de la Semaine parlementaire européenne au Parlement européen, la Présidente Roberta Metsola a déclaré que les citoyens attendent de nous que nous joignions les actes à la parole et que nous démontrions que, lorsque l'Europe est mise à l'épreuve, elle sait être à la hauteur.
Madame la Présidente Demetriou, chère Annita, Mesdames et Messieurs les Présidents et Vice-présidents, Chers collègues,
Nous vivons l’un de ces moments de vérité. Dans quelques années, lorsqu’on se retournera sur cette période, on se demandera: face à l’épreuve, l’Europe a-t-elle su répondre présent?
Partout dans notre Union – et je suis convaincue que vous le ressentez au sein de vos parlements nationaux respectifs –, les citoyens sentent que la situation évolue. Ils le ressentent, chaque fin de mois, à l’heure d’équilibrer le budget familial. Ils le ressentent lorsque les factures d’énergie repartent à la hausse, lorsque les loyers flambent et lorsque les courses hebdomadaires coûtent plus cher qu’il y a un an à peine. Ils craignent que leurs enfants ne bénéficient pas des mêmes possibilités qu’eux-mêmes autrefois. Les chefs de petites entreprises en ont cruellement conscience: les coûts grimpent, la concurrence s’intensifie et les règles semblent parfois plus contraignantes qu’elles ne devraient l’être.
Parallèlement, la guerre fait toujours rage sur notre continent. Demain marquera le quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie; quatre années qui ont transformé du tout au tout notre vision de la sécurité et nous ont rappelé la fragilité de la paix. À ce propos, nous tiendrons demain une séance plénière extraordinaire au cours de laquelle le président Zelenskyy s’adressera à nous.
Tout cela se produit alors que l’économie mondiale évolue à une vitesse fulgurante, que d’autres acteurs investissent massivement, progressent à grands pas et façonnent l’avenir des technologies et de l’industrie d’une manière qui dictera les décennies à venir.
Si j’ai souhaité planter ainsi le décor, c’est parce que les enjeux sont multiples. Pour autant, notre détermination à affronter ce moment est plus forte encore.
Il y a quelques jours à peine, lors de la réunion informelle des dirigeants, puis à la conférence de Munich sur la sécurité, le message a été sans équivoque: l’Europe ne peut plus se permettre de naviguer à vue. De simples ajustements à la marge ne suffisent plus. Le temps des demi-mesures est révolu. L’heure est aux décisions à la mesure des enjeux auxquels nous faisons face.
Et je suis convaincue que l’Europe en est capable. Nous l’avons prouvé durant la pandémie. Nous le démontrons chaque jour à travers notre soutien à l’Ukraine. Car lorsque nous unissons nos forces, l’Europe est capable de soulever des montagnes.
Dans chacune de ces situations, ce sont nos démocraties – toutes ensemble – qui nous ont permis de maintenir le cap. Ce sont les parlements nationaux ainsi que notre propre Parlement qui ont assumé leurs responsabilités, en arrêtant parfois les décisions les plus ardues et les plus inédites au moment où cela s’avérait crucial.
Cette semaine, ici même au Parlement européen, à vos côtés, nous pouvons tous prouver une nouvelle fois que la démocratie parlementaire est porteuse de résultats.
Sur ce, permettez-moi de vous souhaiter très chaleureusement la bienvenue au Parlement européen à l’occasion de cette 15e Semaine parlementaire européenne.
Chère Annita, je te remercie, ainsi que tes collègues de la Chambre des représentants de la République de Chypre, d’avoir coordonné l’organisation de cette semaine à nos côtés. Annita et moi sommes amies depuis des années; nous avons collaboré sans relâche, surmonté des obstacles communs et mené des débats similaires, que ce soit au sein de mon Parlement ou du tien, ce que je pourrais d’ailleurs affirmer pour vous tous.
Lorsque la République de Chypre a accédé à la présidence du Conseil, le 1er janvier dernier, cette échéance est intervenue dans un contexte on ne peut plus exigeant. Sous la conduite du président Christodoulides, et avec l’implication totale de ton Parlement, tu as assuré une direction ferme; je tiens à ce que tu saches à quel point nous apprécions notre coopération.
Nous accueillons cette semaine plus de 200 participants, dont plus de 120 parlementaires issus des 27 assemblées nationales de l’Union européenne, ainsi que de quatre pays candidats – l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine du Nord et la Serbie –, sans oublier la Norvège.
Chacun d’entre vous apporte son expertise en matière d’élaboration des budgets nationaux, d’examen des réformes et d’explication des décisions européennes à des citoyens en attente de réponses. Vous savez – et vous le constatez au quotidien – la manière dont l’action politique se traduit dans la réalité, et comment les choix arrêtés ici à Bruxelles et à Strasbourg, de même que dans vos propres capitales, se répercutent sur les citoyens des villes d’Europe. Vous savez ce qui fonctionne sur le terrain et ce qui doit changer.
Ce lien est primordial; c’est pourquoi nous y attachons tant de prix.
Au fond, notre débat vise à déterminer si l’Europe peut faire baisser le coût de la vie, si nous pouvons stabiliser durablement les prix de l’énergie, instaurer les conditions propices au développement de nos entreprises sur le sol européen plutôt qu’à l’étranger, et investir dans les compétences pour que nos travailleurs soient préparés aux mutations, sans que personne ne soit laissé de côté.
Au sein de ce Parlement, nous mettons tout en œuvre pour parachever le marché unique. Nous œuvrons à la levée des obstacles – encore bien trop nombreux – qui se dressent sur notre route. Nous nous attelons à consolider notre union de l’énergie afin de garantir la sécurité de l’approvisionnement et la prévisibilité des prix. Nous réduisons les formalités administratives inutiles qui freinent nos entrepreneurs et nos innovateurs. Enfin, nous élaborons un budget à long terme qui soutient nos régions, qui épaule nos agriculteurs et qui offre de véritables perspectives à la génération de demain.
Toutefois, aucune de ces mesures ne portera ses fruits si nous agissons en vase clos. Et pour y parvenir, nous avons absolument besoin de vous. Scrutin après scrutin, nous en prenons toujours plus conscience. Vous êtes ce trait d’union. Au fil des deux prochains jours, vos échanges contribueront à définir la voie que nous suivrons.
Il ne s’agit donc pas d’une semaine ordinaire, et ce, à bien des égards.
J’ai évoqué tout à l’heure la séance plénière extraordinaire qui se tiendra demain au sein de notre Parlement. Ce moment sera l’occasion de réaffirmer notre indéfectible engagement à l’égard de l’Ukraine et de démontrer que, lorsque l’Europe est malmenée, elle fait bloc et agit de concert. Vous êtes tous conviés à suivre cette séance depuis les tribunes. J’espère d’ailleurs sincèrement que nombre d’entre vous se joindront à nous pour solenniser ce moment d’unité et de détermination.
Chers collègues, l’heure de l’Europe a véritablement sonné.
Les citoyens qui nous ont accordé leur confiance en se rendant aux urnes nous observent. Ils attendent de nous des actes, et nous ne saurions nous permettre la moindre hésitation. Par conséquent, tout au long de ces deux journées, joignons le geste à la parole et montrons que l’Europe sait se hisser à la hauteur des circonstances lorsqu’elle est mise à l’épreuve.
C’est à présent un véritable honneur pour moi que de donner la parole à ma chère amie, la présidente de la Chambre des représentants de la République de Chypre. Chère Annita, tu as la parole.