La violence à l'égard des femmes, en ligne ou hors ligne, est intolérable  

 

La violence à l'égard des femmes, en ligne ou hors ligne, est intolérable  

Strasbourg  
 
 

Le Parlement européen s'oppose fermement au ciblage des femmes par des sites de pornographie « deepfake » qui publient des images fausses et truquées de députés au Parlement européen, principalement des femmes.

       

Chers collègues, 

Je dois également vous signaler avoir été informée du fait que quelque 60 députés, de tous horizons politiques, ont été ciblés par des sites internet d’hypertrucage pornographique qui publient de fausses images et des images modifiées de députés, principalement des femmes. 

Pour commencer, je serai catégorique: en ligne ou hors ligne, la violence à l’égard des femmes est intolérable et déplorable. Le Parlement européen s’y oppose avec toutes les mesures à sa disposition. 

Il ne s’agit pas seulement des images, aussi choquantes soient-elles pour nous tous. Il s’agit d’une tentative de cibler des élus, de s’attaquer à eux dans l’exercice de leurs fonctions. 

Ces attaques ne marcheront pas: 
-    au lieu de nous humilier, elles nous rendront plus forts; 
-    au lieu de nous réduire au silence, elles amplifieront notre voix;
-    au lieu de nous effrayer, elles renforceront notre détermination. 

Cette situation ne peut pas être la nouvelle normalité; nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour l’empêcher.

À partir du 2 décembre, les «applications de déshabillage» seront interdites dans l’Union européenne. Je suis fière que le Parlement européen se soit battu pour que cette mesure soit prise. Mais que vaut une loi si elle n’est pas mise en application?

Les États membres doivent s’y préparer dès à présent. Ils doivent faire respecter l’interdiction, renforcer l’application de la législation sur les services numériques et transposer la directive sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes, qui érige en infraction pénale le partage public non consenti d’hypertrucages sexualisés. 

Nous le devons non seulement à toutes les personnes qui ont été prises pour cible, mais aussi à chaque jeune femme qui regarde, à chaque jeune femme qui s’engage sur la voie de l’action politique en se demandant s’il y a une place pour elle en politique, et quel est le prix à payer.

Notre réponse doit être claire. Votre place est ici. Votre voix a sa place ici. Et nous vous soutiendrons.